Calculateur de plus-value immobilière : estimer l'impôt à la revente

Le montant de l'impôt dû lors de la revente d'un bien locatif dépend de la plus-value réalisée et de la durée de détention, qui ouvre droit à deux abattements distincts. La différence entre prix d'achat et prix de vente ne suffit pas : le nombre d'années de détention change presque tout le résultat.

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Comment se calcule l'impôt sur la plus-value

Le calcul part de la plus-value brute : prix de vente moins prix d'achat, éventuellement ajusté des frais d'acquisition et des travaux selon le régime applicable. Cette plus-value brute se divise ensuite en deux bases distinctes, parce que l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux appliquent chacun leur propre abattement pour durée de détention.

L'abattement pour l'impôt sur le revenu progresse chaque année de détention jusqu'à effacer complètement cette part de l'impôt à 22 ans. L'abattement pour les prélèvements sociaux suit un rythme plus lent et n'atteint l'exonération totale qu'à 30 ans. Une fois les deux bases réduites, le taux de 19 % s'applique à la base IR et celui de 17,2 % à la base PS. Les deux montants s'additionnent pour donner l'impôt estimé, hors surtaxe éventuelle sur les plus-values dépassant 50 000 euros.

Ce qui fait varier le montant

La durée de détention est le levier qui pèse le plus sur le résultat, davantage que le prix de vente lui-même. Prenons un bien acheté 200 000 euros et revendu 280 000 euros, soit une plus-value brute de 80 000 euros.

Revendu après 5 ans, l'abattement pour durée de détention est encore quasiment nul : l'impôt se calcule sur la quasi-totalité des 80 000 euros, pour les deux bases. Revendu après 22 ans, l'abattement IR atteint 100 % : l'impôt sur le revenu disparaît totalement, mais les prélèvements sociaux restent dus sur une base encore partiellement réduite. Revendu après 30 ans, les deux abattements sont complets et l'impôt tombe à zéro.

Entre ces trois dates, l'écart d'impôt peut représenter plusieurs milliers d'euros sur la même plus-value brute, sans que le prix d'achat ou de vente n'ait changé d'un centime.

L'erreur fréquente sur ce calcul

L'erreur la plus courante consiste à confondre les deux dates d'exonération. Beaucoup de vendeurs retiennent que la plus-value est exonérée à 22 ans de détention et s'arrêtent là, en oubliant que ce seuil ne concerne que l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux, eux, ne sont totalement effacés qu'à 30 ans : entre 22 et 30 ans, une partie de la plus-value reste taxée à 17,2 %.

Sur une plus-value de 80 000 euros revendue après 25 ans par exemple, croire l'opération totalement défiscalisée peut faire oublier plusieurs milliers d'euros de prélèvements sociaux encore dus. Cette confusion se découvre souvent trop tard, au moment de l'acte notarié, quand le montant prélevé surprend le vendeur qui avait déjà dépensé la totalité du prix de vente.

Questions fréquentes

Comment est calculée la plus-value imposable ?

La plus-value imposable est obtenue en soustrayant le prix d'achat du prix de vente, puis en appliquant à ce résultat les abattements pour durée de détention propres à l'impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux. Chaque base obtenue est ensuite taxée séparément, à 19 % pour l'une et 17,2 % pour l'autre, avant addition des deux montants.

Pourquoi l'impôt et les prélèvements sociaux ne s'annulent pas à la même date ?

Ce sont deux prélèvements distincts, avec chacun son propre barème d'abattement pour durée de détention. Celui qui efface l'impôt sur le revenu atteint 100 % à 22 ans de détention. Celui qui efface les prélèvements sociaux progresse plus lentement et n'atteint l'exonération totale qu'à 30 ans, d'où un écart possible de huit années entre les deux.

La résidence principale est-elle vraiment exonérée d'impôt sur la plus-value ?

Oui, la vente de la résidence principale échappe entièrement à cet impôt, quelle que soit la durée de détention ou le montant de la plus-value réalisée. Cette exonération ne s'applique qu'au logement occupé à titre principal au moment de la vente, pas à une résidence secondaire ni à un bien mis en location, même occupé auparavant.

Que se passe-t-il si le prix de vente est inférieur au prix d'achat ?

Dans ce cas, il n'y a pas de plus-value mais une moins-value, et aucun impôt n'est dû sur la vente. Cette moins-value immobilière ne peut en revanche pas être déduite d'autres revenus ou d'autres plus-values, contrairement aux moins-values sur valeurs mobilières : elle reste sans effet fiscal au-delà de l'opération elle-même.